Pendant qu’il est encore temps… Nâzim.

Sabahattin Ali, un autre grand écrivain et poète turc, écrivait le 2 février 1944 à Nazim : « … Crois-moi, avant même le fait d’être ton ami, c’est avoir la chance de vivre à la même époque que toi qui me rend fier. Quant à ton « Paysages humains » (Insan Manzaralari) je pense que depuis Don Quichotte de Cervantes il n’y a eu aucune œuvre créée qui puisse avoir autant d’impact dans le pays et même dans le monde. »

Nazim Hikmet, poète révolutionnaire, amoureux de la vie, amoureux de l’amour, amoureux de l’Humain, amoureux de la nature… et opposant vigoureux contre toutes les injustices, est en prison de Bursa lorsqu’il reçoit cette lettre de son ami. Son engagement politique lui vaut un emprisonnement d’une durée totale de 15 ans. Il est l’homme à anéantir dans son propre pays parce qu’il voit et dit les injustices. Profitant d’une amnistie générale il sort de prison en 1950 à l’âge de 48 ans. Pendant toutes ces années où il est enfermé il écrit sur la vie, sur la prison, sur l’amour. Il peint aussi mais surtout il aide un détenu à devenir un grand peintre : Balaban.

Un an après sa sortie de prison Nazim quitte la Turquie, son pays qu’il l’aime tant, pour la Russie. Commence alors son long exil dont il ne reviendra jamais. Il écrit pour sa femme et son unique fils en regardant la Mer Noire qui le relie à son pays, aux siens : « Je t’appelle de Varna / m’entends-tu / mon fils, Memet, memet ! » crie-t-il le cœur empli de manque. Ni la prison, ni l’exil ne peut abattre l’artiste. Il continue à lutter contre l’injustice, l’inégalité. Il critique même le régime soviétique lorsqu’il n’est pas d’accord. Son exil dure jusqu’à la fin de sa vie. Il meurt d’une crise cardiaque à 61 ans à Moscou.

Son engagement pour la vie, plus que politique, son exil mais également ses amours nous laissent aujourd’hui des poèmes forts, beaux, inégalables. Oui, Nazim Hikmet a aimé beaucoup de femmes : « J’ai été fou de jalousie des femmes que j’ai aimées / … /J’ai trompé mes femmes / Mais je n’ai jamais médit derrière le dos de mes amis. » écrit-il dans son « Autobiographie ». Il a sincèrement aimé toutes ses femmes… Sincère, il l’a été durant toute sa vie.

Şükrü Munoğlu, Paris, le 14/11/2019

« Mille et une couleurs de l’Époque impériale »

“Les Turquoises” lancent une longue série de rencontres-débats pour la nouvelle année : « Panorama des relations franco-turques d’hier à aujourd’hui »… Nous vous invitons à vous embarquer dans cette nouvelle aventure : “ Je t’aime, moi non plus ! ”

‘Je t’aime, moi non plus’

“Les Turquoises” lancent une longue série de rencontres-débats pour la nouvelle année : « Panorama des relations franco-turques d’hier à aujourd’hui »… Nous vous invitons à vous embarquer dans cette nouvelle aventure : “ Je t’aime, moi non plus ! ”

Auteur : initiativesturquoises

‘Les Turquoises’ ont vu le jour. Donnant la vie à de nombreuses expressions culturelles, artistiques et intellectuelles, c’est une plateforme éphémère d’initiatives culturelles provenant de la Turquie.

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