Retour sur le premier débat turquoise : (In)Visibilités

Relier les villes et les mondes par le biais de la culture et des arts… Telle était notre volonté. Et la multitude et la diversité étaient nos valeurs !

Jusque-là, Les Turquoises avaient organisé des moments de divertissements et de lectures, mais il était temps de nous retrouver autour jd’une grande table ronde, mettant la société au centre et donnant la première place à une parole jeune et créative… 

La « société » au centre des discussions

Fidèle à notre ambition de pluralité, pour la première table ronde, nous avons choisi la question LGBTI+ en Turquie. Si ce choix s’est porté sur cette question, c’est parce qu’elle cristallisait, à elle seule, de nombreux points cardinaux qui touchent les fondements mêmes d’une société, dans tous ses rapports, des dominations aux résistances… Des formes de discrimination, d’exclusion, de violences, mais aussi des formes de luttes pour l’égalité des droits, des formes d’expressions et de créations culturelle, artistique…

La Question d’In.Visibilités LGBTI+ en Turquie

ozanLa première intervention de la soirée, présentée par Ozan SOYBAKIS, portait sur « l’Etat de lieux du régime politique face aux LGBTI+ : Ambiguïtés, LGBTI+phobie et conservatisme en Turquie » ! Sociologue de formation, Ozan est doctorant en sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et est spécialisé en études sur le genre, les sexualités et particulièrement sur les masculinités.

Lors de son exposé, il a brillamment mis en lumière la visibilité LGBTI+ en Turquie des années 1980 jusqu’aujourd’hui avec un regard historico-sociologique. Il a désigné les mutations ou les continuités des rapports du pouvoir politique aux réalités non-hétérosexuelles à travers une analyse des controverses. En étudiant le conservatisme actuel du régime et des dynamiques patriarcales turques, il a habilement su montrer à quel point ces rapports étaient « ambigus » et transformateurs en termes à la fois politiques et socio-culturels.

untitled-designDans le cadre de la seconde intervention, Zeynep UGURfixé le regard sur le niveau micro, sur la vie publique. Doctorante à l’EHESS, CESPRA et directrice de la politique culturelle du festival international des arts du spectacle Istanbul Fringe, Zeynep travaille principalement sur le théâtre, l’espace public, les mouvements de la place publique et les expressions artistiques interculturels.

Son intervention s’est principalement concentrée sur la visibilité Queer dans l’espace public en Turquie. Elle a souligné comment le mouvement LGBTI devenait politique en se rendant visible et en occupant l’espace public, notamment avec les marches de fierté qui devenaient une manière de résistance performative et carnavalesque. Dans ce cadre, le mouvement LGBTI en Turquie a été analysé en lien avec « Mouvement Gezi«  qui a eu lieu en 2013 à Istanbul.  Ensuite, elle a analysé les représentations cinématographiques et les créations sur la scène théâtrale alternative qui mettent en scène les récits des minorités sexuelles.

De nombreux noms mythiques ont fait leur passage lors de ces exposés renvoyant le public aux années 80 et 90 d’une Turquie sous le coup de la libéralisation économique. De Bülent Ersoy à Zeki Müren, en passant par Huysuz Virjin, les stars de la culture populaire ont ainsi apparu sur l’écran dans la salle à coté d’autres figures, notamment politiques de ces décennies. Il a également été invoqué de nombreux lieux de vie et de création queer stambouliote.

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Les interventions de ces jeunes paroles de la Recherche ont, ensuite, été suivies par une séquence d’échanges avec les participant.es dans la salle. Cette séquence a donné la possibilité de revenir sur un composant majeur : les acteurs associatifs. De nombreux questions et témoignages ont été partagés en français et, comme une belle surprise, en turc.

Le titre de cette première table ronde nous parlait des invisibilités, le ‘in’ entre parenthèse. Les interventions et les échanges qui ont suivi ont pu démontrer une réalité dans toute sa complexité et nous ont donné des clés de lecture concernant les dynamiques de la société en Turquie et les points reliant ces rives du Bosphore à ceux de la Seine, si loin, si proches…

Nous avons été très heureux de témoigner la présence d’un grand nombre à avoir participé à cette première table ronde des Turquoises ! Encore un grand merci à Zeynep Ugur et Ozan Soybakis pour leur engagement et leur travail sans lesquels cette première table ronde n’aurait jamais vu le jour avec autant d’envergure.

Merci beaucoup également à toutes et à tous d’être venus ce soir pour partager ce moment important. 

Nous vous conseillons fortement de lire l’article de Nathalie Ritzmann – journaliste, photographe et auteur du fameux blog « Du bretzel au simit » – qui nous raconte la 18ème édition de la Marche de l’honneur LGBTT à Istanbul à travers ses photographies.

Auteur : initiativesturquoises

‘Les Turquoises’ ont vu le jour. Donnant la vie à de nombreuses expressions culturelles, artistiques et intellectuelles, c’est une plateforme éphémère d’initiatives culturelles provenant de la Turquie.

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