Reportage avec Ivan Quintero : ses nouveaux projets, ses inspirations pendant le confinement.

Depuis le lancement des Turquoises, nous visons à mettre la rencontre, les échanges culturels et amicaux autour de la bonne musique ! Depuis, chaque soirée cherche à créer à nouveau cette belle ambiance « turquoise ».

Aujourd’hui, nous souhaitons vous partager des reportages pour vous présenter les jeunes musiciens talentueux avec lesquels nous avons travaillé pour nos concerts. Grâce à ces reportages, vous allez les connaître mieux et les suivre si leur musique vous plaît. Il se peut que, prochainement, certains d’entre eux vont également assister à nos émissions en direct. 

Peut-être certains d’entre vous se souviennent de notre lancement en juin 2019, ainsi que du concert de notre musicien invité Ivan Quintero. Voici donc le reportage d’Emir des Turquoises avec Ivan Quintero :

Concert de Ivan Quintero au lancement des Turquoises

Turquoises : Bonjour Ivan. Pourrais-tu nous raconter ton histoire avec la musique ? Quand et comment as-tu commencé à jouer de la guitare, et pourquoi la musique ?

Ivan : La musique a toujours fait partie de ma vie, depuis tout petit mes parents en écoutaient beaucoup : de la musique classique, que je regardais à la télé, de la musique latinoamericaine à texte, des classiques de la musique française aussi, parce que mon père a toujours était un amoureux de la France. Je bloquais toujours sur les musiciens, la musique, les spectacles, le chant, la danse, le cirque. J’ai des grands frères qui m’ont ouvert la voie, ils habitaient en France avec leur mère et venaient en Colombie tout les 2 ou 3 ans. On a 15 et 13 ans de différence, et je les ai vu devenir de vrais musiciens. J’ai donc découvert le rock et la guitare électrique avec eux. Grâce à eux, mes parents ont accepté que je commence par la guitare électrique directement : je jouais du Clash, du Nirvana, du Metallica. J’ai toujours su que je voulais être musicien, j’ai jamais hésité, les styles et l’approche de la musique ont changé avec le temps mais sinon le sentiment de base est le même. J’ai découvert le jazz assez tard, entre 17 et 19 ans, c’est là ou j’ai vraiment compris tout le travail qu’implique la musique : travail technique mais aussi théorique. Le fait de voir des musiciens improviser et être complètement libres sur leurs instruments m’a fasciné, et je pense qu’à ce jour, je cherche toujours cette liberté.

Turquoises: Si tu devais décrire la musique librement, quels mots choisirais-tu?

Ivan : La musique pour moi c’est la liberté. Paradoxalement il y a plein de règles, d’a priori, de styles, de cases artistiques, plein de murs, mais une fois qu’on a dépassé cela, c’est vraiment le lieu où on peut vraiment faire ce qu’on veut. Je peux jouer de la guitare d’une façon ou d’une autre parce que j’aime la sensation sur mes doigts aujourd’hui, et demain me concentrer  sur un passage précis et me lancer un défi technique. Jouer sans penser à rien, ou jouer en calculant chaque coup. C’est aussi un plaisir égoïste qui peut nous enfermer parfois, on revient au paradoxe.


Turquoises : Et comment décrirais-tu ta musique ?

Ivan : Je pense que toute ma musique repose sur deux points auxquels je donne une forte importance. Tout d’abord, c’est une musique mélodique : c’est souvent des mélodies que je dois pouvoir chanter, qui me viennent en fredonnant, même si c’est écrit pour saxophone ou contrebasse. Après avoir cette base, je peux complexifier les choses avec un peu de théorie, ou de technique, mais en règle générale tout reste chantable. Deuxièmement, quand je compose je raconte vraiment une histoire, il y a toujours des personnages, des paysages, des “moods”, des couleurs, qui pour moi ont un sens, donc je le pense comme un récit.

Ivan Quintera au lancement des Turquoises

Turquoises : Je sais qu’il y a des musiciens qui ont un travail fixe pour rentrer dans leur frais. Le soir, ils montent sur scène et le jour, ils deviennent une personne totalement différente. Être musicien : est-ce un métier difficile ? Peut-on encore vivre de sa musique ?

Ivan : Oui être musicien c’est un métier difficile mais pas impossible, notre travail n’est pas toujours reconnu comme il le devrait, il y a encore beaucoup de travail au black, des personnes proposent des échanges de ton travail contre de la “visibilité” qui est à mon sens la pire insulte pour un artiste en général. Faut que ce soit clair, c’est un métier comme les autres, il doit être rémunéré et le fait d’adorer notre travail ne change rien à l’affaire. Aujourd’hui je vis de ma musique, je suis prof de guitare particulier à Paris et en Ile de France, je fais des concerts, certains plus artistiques que d’autres. Nous avons la chance en France d’avoir le système de l’intermittence, qui même s’il est loin d’être parfait, est un système qui essaye de respecter et comprendre l’artiste, et nous aide à avoir une certaine stabilité. Je déplore juste qu’il soit associé au chômage, certains pensent que ce sont juste des aides de l’Etat, mais derrière il y a beaucoup beaucoup beaucoup de travail non rémunéré et l’intermittence vient compenser. En plus, c’est vraiment une bonne galère en tant que musicien d’y avoir droit. En résumé, c’est possible de vivre de la musique mais faut travailler et ne pas lâcher.


Turquoises : Y-a-t-il des chanteurs qui ont influencé ta manière d’écrire les chansons et de les chanter ?

Ivan : Même si je chante, je compose rarement des chansons. Quand je le fais en général, je fais appel à d’autres pour écrire les paroles. En tant que chanteur j’adore Kurt Elling, Mercedes Sosa, Michael Jackson. Pour la musique Pat Metheny, Avishai Cohen, FORQ, Miles Davis, Snarky Puppy et j’en passe des dizaines et des dizaines. Je pense que tout ce que j’écoute et j’aime, m’influence d’une manière ou d’une autre. Je parlais tout à l’heure de récit, je pense que le cinéma m’a toujours influencé dans ma musique aussi, j’ai toujours des images en tête et je suis un passionné de cinéma.

Emir, Ivan Quintero et Quentin Fondecave

Turquoises : Que pensez-vous de l’évolution de la musique et de la musique de nos jours ?

Ivan : On est dans un monde où il y a de tout, où tout se mélange. Ça fusionne de partout et ce côté là est très intéressant. Le jazz évolue dans plein de directions différentes et on peut vraiment trouver son plaisir. Pour ma part, c’est le mélange de jazz et de pop/rock que j’aime le plus. Par contre la musique “mainstream” de notre époque est pauvre, plus que jamais, il faut faire beaucoup et vite, il faut que ça fasse le “buzz”, il faut avoir beaucoup de “followers” et tout ça tue l’esprit artistique. C’est d’un vide désolant, et quand le vide fait des millions d’écoutes et que les jeunes sont à fond, il faut se poser des questions…

Turquoises : Je sais que tu travaillais sur plusieurs projets avant le confinement. Pourrais-tu nous en parler ?

Ivan : Je suis dans plusieurs projets en ce moment : je suis dans un orchestre de jazz moderne qui s’appelle le Panoramic Project, dirigé par Leo Jannet. On a enregistré un album en octobre dernier et on vient de clôturer un crowdfunding qui a bien marché. Si je ne dis pas de bêtises, l’album sortira en novembre prochain avec une belle tournée prévue. Je fais la musique Live d’une pièce de théâtre qui s’appelle ELLE, mise en scène par Juanita Boada. Et sinon je me produis régulièrement avec différents artistes comme Sabrina Cheref, avec qui j’ai un hommage à Michael Jackson, la musique du roi de la pop revisitée en jazz avec des musiciens de fous. Ou encore avec la chanteuse colombienne Andrea Gomez avec des répertoires plus latinoamericains, et sinon j’ai la chance de pouvoir jouer à gauche et à droite avec différents musiciens et artistes (Minino Garay, Audrey Thirot, Eleonore Diaz, Céline Boudier pour en citer quelques uns). Mon groupe MFQ est en stand by en ce moment, mais on a sorti un album en 2017 qu’on peut toujours trouver sur YouTube et Spotify. Pour finir je me produis aussi en solo ou en groupe pour des soirées privées, ça fait aussi parti du métier, et depuis un an je bosse avec la boite Popcorn Factory.

Turquoises : À cause de la propagation du Coronavirus, nous sommes tous à la maison. Nous essayons au maximum de nous nourrir de littérature et de musique. Aurais-tu une playlist rassemblant tes chansons favorites que tu pourrais nous suggérer et partager avec nous ?

Ivan: Bien sûr !

Littérature : “ Blindness” de Jose Saramago

Cinema:  “Coco” de Pixar et “Melancholia” de Lars von Trier

Jeux vidéos: Final Fantasy VIIIde Square Enix



Turquoises : Comment peuvent-ils t’écouter ? Es-tu présent sur les réseaux sociaux ?

Ivan : Je suis très mauvais pour tout ce qui est réseaux sociaux, je m’y mets peu à peu, vous pouvez me demander en ami sur Facebook où je poste mes concerts, mes vidéos, ma musique. Je viens de créer une chaine YouTube où j’ai posté “A Short Story” qui nous a amené à cette interview. Et sinon ma musique avec MFQ est sur Spotify, Itunes etc… Je suis un peu oldschool mais je comprends de plus en plus l’importance des réseaux sociaux pour mon métier, sortir un peu du bouche à oreille traditionnel qui m’a beaucoup aidé jusqu’à présent mais qui a des limites.

Merci beaucoup à Ivan Quintero d’avoir participé à notre premier reportage « Talents Turquoises ».

Auteur : initiativesturquoises

‘Les Turquoises’ ont vu le jour. Donnant la vie à de nombreuses expressions culturelles, artistiques et intellectuelles, c’est une plateforme éphémère d’initiatives culturelles provenant de la Turquie.

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