Témoignage de Aude Marie Pape

Originaire de Bretagne, je vis actuellement à Paris après un passage par l’Espagne.

Diplômée en droit communautaire, spécialiste en droit du travail Franco-Espagnol, j’ai pendant une vingtaine d’années exercé dans le Management des Ressources Humaines au sein de différentes entités.

Aujourd’hui, je marque un tournant dans ma vie professionnelle, je travaille à la création d’un espace jeunesse (ateliers-librairie-exposition-café) ; un lieu de vie et je croise les doigts pour une ouverture, la crise sanitaire passée.

Je suis l’heureuse maman de 3 adolescents, un garçon de 16 ans et une fille et un garçon de 13 ans, tous très créatifs et avec lesquels, je partage mes passions.

Passionnée d’Arts et d’Histoire, j’ai une attirance poétique pour les natures mortes, les cloîtres et la photographie B&W. La culture hispanique occupe également une place particulière dans mon cœur et celles du bassin méditerranéen m’ont toujours attirée.

Très attachée aux passerelles culturelles entre les pays et les peuples, je m’attache à les faire découvrir à mes enfants à travers nos voyages, nos découvertes culturelles …

Lectrice assidue, mon goût est très éclectique. J’épouse avant tout une histoire et le style qui la conte pour me prononcer. J’aime qu’il y ait une touche poétique ou une dimension introspective dans la narration faisant des scènes quotidiennes ou des lieux habituels, des moments et endroits singuliers.

Mes auteurs favoris vont de Virginia Wollf à Jane Austen, de Milan Kundera à Paul Auster, d’Albert Camus à Victor Hugo (mon préféré).

Comme beaucoup de personnes, j’ai ressenti le besoin de m’évader ou de me découvrir d’autres centres d’intérêts pendant les confinements successifs. Netflix a été une des solutions. J’ai alors réalisé ma 1ère expédition dans le monde des séries et découvert Kara Para Ask mais surtout, rencontré Engin Akyürek. Je me suis d’abord attachée au personnage d’Omer puis, peu à peu, j’ai été happée par son jeu singulier.

Cet intérêt soudain et réel pour un acteur m’a laissée perplexe. Etait-ce dû à cette manière particulière de filmer en « gros plans » ? Etait-ce dû à la dimension psychologique donnée à chacun des personnages dans les dizis? Pour en être sûre, j’ai alors visionné d’autres séries turques mais sans réel succès, ni effet sur moi.

Cinéphile, j’affectionne particulièrement les films d’introspection, historiques ou les films découverte. A ce jour, Romy Schneider est la seule actrice qui ait suscité en moi autant d’émotions dans chacun de ses films et quel que soit son personnage.

Curieuse et surprise par mon attachement soudain pour Engin, je suis donc allée à sa rencontre en regardant depuis plus d’un an, l’ensemble de sa filmographie.

Ce que j’apprécie chez Engin ?

J’aime sa façon d’exprimer les émotions pour mieux les révéler à l’écran. Il peut, en quelques minutes, nous offrir le plus ample des registres émotionnels et mettre notre âme en vibration.

Surtout, il dose harmonieusement le geste, la parole et le sens. Dévoué à cette honnêteté émotionnelle inouïe, il est alors généreux, disponible et juste dans son jeu.

Il dégage une énergie et une aura qui ricochent en nous. Tout son être s’anime, déborde, tristesse, rage, frénésie … et à chaque fois, il emporte tout sur son passage.

Il va au-delà de l’interprétation, il est dans l’incarnation. Il est « un acteur lyrique » comme l’a merveilleusement écrit Cathie. Je dirais que l’exaltation d’Engin met en musique et en mouvement tout son être. Il nous entraîne tel un funambule sur la corde de l’émotion primaire, pure et profonde ; et avec plaisir, nous dansons et vibrons avec lui. Je vous invite à lire les articles de Cathie, elle met le mot juste sur chacune de nos sensations, émotions ressenties face à son jeu admirable

Il y a son jeu mais aussi le choix des personnages qu’il incarne. Tous ont une identité singulière qui se révèle au fil de l’histoire dévoilant toutes les facettes que l’âme humaine puise dans son héritage. Ces personnages portent tous la charge de la famille, de la transmission ou bien celle de moments liés à l’histoire ou à l’évolution sociétale, ils sont emprunts de traditions. Avec eux, nous sommes donc invités à questionner notre propre héritage.

Même si Mustafa Bolut dans Bir Bulut Olsam reste mon personnage préféré ; Engin excelle dans Sefirin Kizi. Il offre des scènes transcendantes marquant une maturité artistique époustouflante. Incarnant Sancar Efeoglu, il pénètre dans une autre sphère artistique et marque une réelle évolution dans son jeu d’acteur.

Avec lui, et pour la première fois, il m’a inspirée des images, des musiques et des mots.

J’ai donc effectué des recherches et c’est ainsi que j’ai découvert Cathie. Je l’ai contactée ; nous avons échangé sur l’acteur, son jeu et sa personne mais aussi sur nos passions, notre vie. Elle m’a invitée à rejoindre les réseaux sociaux pour suivre l’actualité d’Engin. J’ai alors découvert une vraie communauté internationale derrière lui ; une belle rencontre virtuelle. Lorsque Cathie nous a proposé de l’aider à promouvoir Engin en France, j’ai évidemment dit oui, et j’en suis ravie. Depuis, j’ai écrit sur lui via le site Arts of Babel et j’ai surtout intégré un atelier pour jeunes dédié à la découverte du personnage de l’Efe, les traditions comme le Zeybek ; le tout en musique et en saveurs.

Découvrir la personne permet aussi de mieux comprendre l’acteur, ses choix, son jeu. Je lis régulièrement ses nouvelles publiées dans la revue Kafasinagore ; son style et son récit imaginé créent une atmosphère singulière et suscitent une autre belle rencontre avec ses mots, ses émotions. Engin offre un moment de rêve et de plaisirs, sensations retrouvés.

Son livre « Sessizlik », dont les bénéfices sont reversés à l’association d’aides à l’éducation des enfants défavorisés, Darüssafaka, est un bijou de nouvelles. Malheureusement, je ne connais pas le Turc, je l’ai donc lu en espagnol et espère pouvoir rapidement le lire en français.

Formidable ambassadeur culturel, Engin contribue au maintien des passerelles culturelles riches et essentielles de nos jours. Son talent inégalable doit être découvert en France ; il dépasse déjà largement les frontières et je m’en réjouis.

Aude Marie Pape, Paris.