Une vie entre deux pays : Claude nous raconte sa passion

Avez-vous déjà ressenti au plus profond de votre être, l’intense impression de connaître déjà l’endroit où vous vous trouvez, l’impression de rentrer chez vous… être à nouveau là, à cette place où vous avez déjà vécu ! Pour ma part, cela m’est arrivé quelques fois, et parmi ce type de ressenti, celui que j’ai vécu lorsque je suis arrivé en Turquie, en 1992.

Je suis Parisien d’origine berrichonne, anticonformiste et infiniment curieux de tout. Je n’aime pas les routes toutes tracées, et je préfère de loin, les petits chemins tortueux et hors des sentiers battus, pour y découvrir des trésors et de belles rencontres humaines. De nature assez volontaire et emplit d’énergie, je suis une personne qui a des convictions et j’ai tendance à les vivre et à les défendre, comme celle de participer à la Gay Pride presque chaque année.

« Les voyages forment la jeunesse », dit le proverbe, je le confirme cela aide à rester jeune et j’ai besoin de ces moments de découverte, pour me ressourcer dans cette Turquie, qui est devenue aussi importante pour moi que l’eau et la nourriture, pour me retrouver et me recentrer sur mon essentiel ! Au début, on y retourne pour retrouver cette magie si particulière, revoir les amis, y rencontrer des amants, mais aussi toucher du doigt les civilisations antérieures et toutes ces cultures si riches qui nous nourrissent d’une incroyable richesse intellectuelle !

Je dis toujours que « je connais mieux la Turquie que la France », mais ce n’est pas loin d’être vrai, car la seule région inconnue à ce jour en Turquie, est la Karadeniz, mais plus pour longtemps car je me suis décidé à la visiter en 2020, et d’après ce que j’ai pu voir sur Internet, cela semble être fabuleux !

Alors pourquoi la Turquie : impossible à dire, mais impossible à oublier ! Je dois y aller régulièrement, et j’ai appris la langue afin de me permettre de pouvoir dialoguer directement avec tout le monde sans interprète (ce qui n’est pas encore le cas, mais j’y travaille… !). La Turquie est devenue mon pays de cœur, et j’ai besoin d’être là-bas pour me recharger en énergie et en imaginaire… car cette matière transpire dans mes écrits et mes œuvres. J’écris depuis l’âge de 14 ans, et suis aussi artiste multi-supports…

En France, je suis infiltré dans le milieu franco-turc depuis une bonne dizaine d’années. J’y ai rencontré des gens intéressants et certains sont devenus des amis ici. De fait, je connais pas mal d’associations culturelles qui font un travail formidable, et qui m’ont permis de faire des salons littéraires, d’être chroniqueur littéraire, d’être guide touristique, etc… de nourrir des projets dont certains ont vu le jour comme en 2009 lorsque j’ai créé ma propre maison d’éditions : les Editions Laleli. Puis mon association culturelle : les Amis de Laleli.

Dernièrement, j’ai rencontré Ali, Emir et Aude, les fondateurs de l’association Turquoises, et nous avons pris conscience que nous avions des objectifs communs, alors pourquoi ne pas travailler en partenariat en coopération… il semble que cela soit possible sur des projets communs. On vous en dira plus prochainement.

La communauté franco-turque vit souvent en autarcie en France et peu d’échanges existent… cela serait bien qu’elle puisse s’ouvrir aux autres afin d’être plus visible et qu’il y ait plus d’échanges entre les populations. Les français auraient besoin de connaître un peu mieux cette culture, car ils ignorent beaucoup de choses et véhiculent des clichés et des préjugés qui ne sont pas fondés.

Claude-Exeter Désiré